Fongolimbi: pourquoi les jeunes filles ne vont pas au bout de leurs études ?

Quand vous éduquez une fille, vous éduquez une famille, une communauté, un pays"  C'est ce qu'a laissé entendre l'ancienne première dame  des États- unis Michelle Obama sur le plateau du" Today show" de NBC, à l'occasion de la journée internationale des filles célébrée le 11 octobre de chaque année. De plus en plus, dans notre époque moderne, les filles constituent  une crème  de leur génération. Le cas de   Diary SOW, en est un parfait exemple.  Deux fois meilleur élève du Sénégal, elle a démontré l'ascension considérable de l'éducation des filles au Sénégal. Cependant  ce cas  est loin d'être  une généralité.  Dans beaucoup de communes du pays, la scolarisation de la gente féminine reste toujours un challenge très compliqué.   A Fongolimbi, elles sont nombreuses à abandonner les classes à partir de la 4ème. Rares sont les filles qui parviennent à décrocher le premier grade universitaire. Aïssatou Sow, élève en classe de première L2,  Présidente du gouvernement scolaire du Lycée  de Fongolimbi et Salimatou Diallo, étudiante, Présidente de l'association des élèves et étudiants ressortissants de Fongolimbi ( AEERF) ont tenté de nous expliquer les causes de cette déperdition scolaire chez les jeunes filles dans l'arrondissement de Fongolimbi.


Obtenir  le baccalauréat n'est guère une chose facile, surtout quand on est fille à fongolimbi. Si beaucoup de filles sont inscrites à l'école dès l'enfance, la plupart d'entre elles finissent par abandonner le train dès les premiers signes de la  puberté. Cette tendance, devenue presque une règle générale dans la commune  développe une anxiété continue chez les  filles.  La plupart des cas, pour certaines adolescentes, les   tâches ménagères passent avant l'éducation. Abordant ce fait, Aïssatou, présidente du gouvernement scolaire du lycée fongolimbi est  catégorique " Nous sommes enfoncés dans des idées ,des phénomènes d'imagination, les jeunes filles sont plongées dans une pensée qui les rendent faibles. Elles ont hontes d'exprimer leurs besoins, leurs sentiments devant la société."  Souligne t'elle. Voulant expliquer pourquoi cette discrimination  persiste toujours, la présidente du gouvernement scolaire pointe du doigt certaines jeunes filles. Pour elle,   la déperdition scolaire chez les  filles s'explique par le fait que certaines n'ont pas conscience des effets positifs de éducation "Et vous savez pourquoi ,elles pensent qu'elles n'ont pas d'avenir ,que tout est limité à leur égard. Elles vivent les même réalités, acquièrent les même discours qui alors les empêchent de voir les effets scolaires parce que tout simplement elles sont obsédées et entraînées par un esprit égoïste. " dit t'elle.



Le mariage est souvent évoqué par les parents quand ils veulent sortir les filles de l'école. Selon Aïssatou cela n'est pas une raison réfléchie" Le mariage c'est normal  certes mais ça doit se faire avec maturité, avec conscience.  Si vraiment c'est  une action qui est censée éduquer, pourquoi  alors presque toutes les filles  finissent dans les coulisses du foyer  sans expérience ,sans même une méthode vitale"  s'indigne t'elle. Aïssatou Sow, évoque également le manque de moyens de certaines familles qui n'ont pas les ressources suffisantes pour subvenir aux frais de scolarités de leurs enfants.

 Pour aller au bout  de ses études,  une jeune fille a forcément besoin du soutien et de  la confiance des ses parents. Si on en croit la    présidente de L'AEERF, Salimatou Diallo,  il existe une grande crise de confiance entre les deux parties.  Selon elle,  les parents n'ont pas confiance en leurs filles à un certain âge. Pour ne  pas être déçus par ces dernières, ils  préfèrent leur donner en mariage.  Comme sa sœur  Aïssatou Sow, elle affirme que les filles n'ont pas conscience de l'importance des études et pire certaines obligent les parents à leur donner en mariage pour éviter toute éventualité de grossesse non désirée. La présidente termine son propos par  envoyer un message aux jeunes filles  de l'arrondissement " Le message que je lance à mes petites sœurs est de se respecter  avant tout,  avoir confiance en soi,  étudier durement  et dignement , aller jusqu'au bout de leurs études pour obtenir un avenir meilleur"

Pour rappel, l'article 28 de la convention internationale des droits de l'enfant de 1989 ratifiée par 195 pays fait de  l'éducation  un droit fondamental pour tous les enfants.


Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Le centre de recherche sur le patrimoine africain ( Baajoordo) commémore le 300e anniversaire de la naissance de Ceero Soulamaani Baal.

Compte rendu de la cérémonie de présentation et de dédicace de l'ouvrage intitulé Tranches de vie de Moussa Seydou Diallo.

Le coronavirus emporte Pape Diouf.