Préparatifs de la fête de Tabaski 2021

Ce n’est pas la grande affluence chez les vendeurs de mouton

Le mouton est l’animal le plus convoité à l’approche de la Tabaski chez les musulmans. Immolé le jour de la fête  en guise de sunna (recommandation du prophète), sa vente fait chaque année les choux gras des éleveurs et des  vendeurs. Cependant, à un mois de la fête les clients se font rares et les vendeurs ne se frottent pas les mains. Reportage.


 

 En cette fin de matinée ensoleillée, les véhicules font les vas et vient comme à l’accoutumée au rond-point cham. Entre les deux voies qui mènent à la place de la nation,  des groupes de commerçants étalent leurs marchandises. Tout au long de la rue qui accueille le marché hebdomadaire de mercredi des  places sont aménagés en forme de rectangle à l’aide des cordes «  Ces lieux sont nettoyées par les vendeurs de moutons. Mais pour l'instant le bétail n'est pas arrivé » nous renseigne ce jeune apprenti dont le garage se trouve juste à côté.

À quelques  encablures de ce lieu, nous apercevons deux jeunes l'un veuille aux moutons fixés côté à côté, l'autre allongé par terre semble dormir indifférent de l'odeur nauséabonde que dégage l'urine des moutons trempé dans le sable. A notre arrivée,  son ami le réveille d'un coup de main machinal : « réveille-toi » L'homme se réveille en s'étirant. Zakaria est  un jeune qui s'investit dans la vente des moutons à l'occasion de la fête : « nous sommes là depuis hier. Pour l'instant les clients viennent à comptes goûtes. Un client vient juste de quitter ici mais nous n'avons pas trouvé un terrain d'entente » souligne-t-il. Âgé de 18 ans,  teint noir, Zakaria affirme que le prix des moutons varie selon la qualité « Il y a des moutons à 100mil, 150 mil et 200mil. Tout dépend du pouvoir d’achat des clients ». Son ami qui répond au nom Amadou Bamba. Célibataire, la vingtaine révolue, Amadou est un menuisier de métier. Il a jeté son dévolu sur la vente des moutons en préambule de la Tabaski  «  Nous sommes les touches tout. Je n’ai pas de métier préféré. J’évolue en fonction des business qui se pressentent en moi. Nous vendons pour quelqu’un qui  nous paie 3mil francs par journée » soutient-il sous le bruit assourdissant des véhicules qui passent sur les deux voies.

Les vendeurs de Foin à la chasse des vendeurs de moutons.

 La sécurité  des  moutons est la grande équation chez les vendeurs. Selon cet homme qui parle  sous couvert de l’anonymat, les propriétaires y passent la nuit  «  Ils passent la nuit près des moutons. Ils n’ont pas le choix. C’est une obligation même pour eux » informe t’il. A un jet de pierre de ces deux lieux, un vendeur de foin (aliment que les vendeurs achètent pour nourrir les moutons) y est installé dans un magasin.  A l’intérieur on voit des sacs  superposés. Au milieu des sacs, Diaga fixe du regard une petite télé. Ce jeune originaire de Tambacounda y est installé depuis quelques temps : «  Nous étions à la recherche d’une place, nous avons trouvé ce lieu idéal pour nous. C’est le meilleur lieu possible car les vendeurs de montons sont juste à côté » dit-il sans détourner son regard de la télé.  Le foin leur provient de l’intérieur du pays mais cette année les prix sont à la hausse  «  Cette année les prix ont augmenté. On l’achète à un prix cher. On est obligé d’augmenter le Prix. Du coup nous vendons le sac à 4mil francs cette année » affirme t’il tout en manipulant la télécommande de la  télé qu’il tient entre ses mains

 

 

 

5 minutes de marche nous suffisent pour rallier le rond-point qui se trouve juste à côté de l’université Amadou Amphate Ba de DAKAR.

Élevé pendant l’année et vendre à l’approche de la Tabaski

En face de l’université quelques des moutons éparpillés par ci et là  broutent du foin : «  Il est sorti, il faut l’attendre. Il sera là bientôt» nous apprend cordonnier installé juste à côté. Les moutons bêlent, ils se donnent parfois des petits coups de tête. Notre discussion avec le cinquantenaire attire l’attention du propriétaire. Il sort aussitôt d’une maison qui se trouve à quelques mètres de son bétail. De petite taille, teint noir, l’homme est dans l’élevage et la vente des moutons depuis quelques années «  Chaque année juste après la Tabaski, j’achète des moutons pour les élever  durant toute année et les revendre à l’approche de la Tabaski.  Ce n’est pas une tâche facile mais je fais avec. Je parviens quand-même à trouver mon compte  » s’enthousiasme-t-il. Pour l’instant les vendeurs prennent leur mal en patience en attendant l’affluence de  clients.

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